Confinement : les patrons de cafés et de restaurants menacent de “voter à gauche, voire communiste” s’ils ne sont pas autorisés à rouvrir avant Noël.

D’ordinaires si discrets en politique hors de leurs comptoirs ou de leurs cuisines, les bavards patrons de cafés et de restaurants ont lancé un ultimatum au gouvernement. Du jamais-vu depuis la demande d’une TVA à 5,5% pour la restauration. Analyse.

Alors que la plupart des commerces ont rouvert, les cafés, bars, restaurants, brasseries, pubs et discothèques, quant à eux, ont toujours leurs devantures closes. S’estimant lésés, ils demandent à travailler dans les plus brefs délais.

“A force d’entendre mes soucis,


mon psy a sombré dans l’alcool”

“Les gens sont entassés dans les transports en commun, mais ils ne peuvent pas manger ou boire un coup dans nos établissements. Nos établissements sont aussi propres que des salles opératoires. Nous appliquons des mesures encore plus strictes que les normes HACCP. Chez nous, c’est tellement propre que ce foutu coronavirus aurait honte de poser ses fesses dans nos locaux. Mes clients chirurgiens me demandent conseil quand ils venaient becter dans mon resto après le premier confinement. Malgré ça, non, on n’a pas droit de servir nos clients. Allez comprendre”, demande un cafetier, qui en est à sa cinquième dépression depuis le premier confinement. Il prévient : “Attention, ne me parle pas trop, car la dépression, c’est contagieux. A force d’entendre mes soucis, mon psy a sombré dans l’alcool. Il faut avoir les nerfs solides pour encaisser les problèmes de gens proches du suicide, ou pire, proches de la faillite.”

Malgré les manifestations et les journées d’action consistant à s’allonger à même le sol, immobiles et en silence, les chefs d’entreprises de restauration et de beuverie festive n’ont pas été écoutés.

“Que les gens ne râlent pas si les goulags

sont rétablis en France”

Aussi, les fédérations et syndicats de professionnels de l’affable secteur du CHR, cafés, hôtels et restaurants, ont lancé un ultimatum au gouvernement. “On votera à gauche, et même communiste, si nous ne sommes pas autorisés à bosser avant la Noël. Jamais je n’aurais pensé à dire ça un jour, mais je voterai à gauche à toutes les élections, qu’elles soient européennes, nationales ou locales. Ai-je le choix ? Que ce gouvernement de droite fasse honneur aux valeurs capitalistes. Il a été élu pour ça, après tout. Dans ma famille, nous sommes restaurateurs depuis 30 générations. Mes ancêtres aubergistes étaient royalistes. Plus à droite, c’est pas possible. Enfin, presque. Il y a l’extrême-droite, mais à part stopper l’immigration, on ne sait pas ce qu’ils ont dans la tête de moralisateurs. Ils seraient capables d’interdire l’ivresse, ces couillons. Donc, tout ça pour dire que nous sommes prêts à voter communiste ! Que les gens ne râlent pas si les goulags sont rétablis en France. Nous n’y sommes pas favorables, mais ce n’est pas nous qui avons commencé. Ma femme votera socialiste. C’est une sentimentale. C’est son plus grand défaut. ‘T’es trop tendre’, je lui dis, mais elle ne veut pas changer. Moi, je voterai coco, point barre”, assure un patron de café-bar-restaurant, tout en demandant aux huissiers qui attendent devant son local de patienter le temps de l’interview.

Le gouvernement n’a pas encore répondu à cet ultimatum inédit dans l’histoire de la restauration et de la licence IV française.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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