Economie

Référendum d’Initiative Citoyenne : le premier RIC de l’histoire française va demander aux citoyens s’ils veulent une augmentation de 3.000 euros par mois sur leurs fiches de paie.

Les Gilets jaunes peuvent célébrer leur joie, salariale et sociale à la fois, dans la liesse alcoolisée et la bonne humeur revendicative. Leurs blocages ont payé après plus de 5 actes passés à marcher en plein brouillard de lacrymogènes et plusieurs mois à camper dans de bruyants ronds-points. En effet, selon un récent sondage, tous les salaires subiront une hausse de 3.000 euros en moyenne, suite au premier RIC, référendum d’Initiative Citoyenne, qui sera organisé en début d’année prochaine. Ainsi, le Smic passera à 4.149 euros net, dès le second trimestre 2019.

Le Medef avait pourtant juré, sur la tête du CAC40, qu’aucune avancée en termes de salaire, semblable à celle réalisée par le Front populaire en 1936, ne verrai le jour en France. Pari perdu. Les employés verront leur pouvoir d’achat grimper comme grimpe un coureur dopé du Tour de France. « Bon, ça va, le dopage dans le cyclisme, c’était il y a longtemps. Il y a prescription maintenant. Prescription morale, mais pas juridique. Si vous saviez le nombre de cyclistes qui se chient dessus dès qu’ils reçoivent une lettre déposée par la poste dans leur boîte aux lettres. Ils ont peur de recevoir un courrier du Tribunal sportif, c’est le pire des tribunaux, croyez-moi, le mot sursis n’existe pas chez eux. Ecoutez, le vélo et le dopage, c’est fini tout ça, du moins en France. D’ailleurs, c’est visible. La vitesse moyenne des coureurs du Tour est passée de 150 à 27 km/h. Même les joueurs de foot de Ligue 2-Kebab’s (Ligue 2-Domino’s, ndlr) vont plus vite en courant que nos cyclistes à vélo. Si c’est pas une preuve flagrante et indéniable, dites-moi ce que c’est. Arrêtez de toujours mettre dopage et Tour de France dans la même phrase, de manière systématique et même systémique, sacré nom d’une draisienne !. Allez plutôt voir du côté des autres sports. Par esprit de Coubertin, je ne les nommerai pas, mais ils se reconnaîtront. Ça leur apprendra à nous avoir descendu en flèches quand le vélo faisait les gros titres dans les rubriques Justice de la presse. Quand tu as un reportage sur l’un de nos coureurs dopé entre l’interview d’un avocat d’un tueur en série et celle du procureur en charge lors du procès d’un braqueur, tu l’as mauvaise. On l’a eu mauvaise, c’est humain, non ?. Donc, que les autres sports balaient devant leurs portes. Leurs professionnels ont les yeux anormalement rouges. Il faut dire que nous connaissons tous les effets secondaires du dopage, de la chiasse incontrôlée aux érections subites, en passant par les démangeaisons qui rendent les os apparents. C’est comme si tu avais le choléra, le cancer, la peste et la gastro en même temps. Mais plein de coureurs ne s’étaient pas posés la question. Il faut dire qu’entre une place en haut du podium et des effets secondaires dus au dopage dignes de maladies du Moyen-âge, leur choix a été vite fait. Moi, perso, non, j’aurais choisi la queue de peloton ou même la voiture-balai », fait savoir un membre de l’organisation.

« Dans la liesse et la satisfaction du travail bien fait »

Les ronds-points se vident peu à peu, partout en France. Alors que les plus récalcitrants jurent de rester tant que l’argent ne sera pas visible dans leur relevé bancaire, les plus optimistes rangent tentes et sacs de couchage dans le coffre de leur voiture. La raison de leur départ n’est pas due au froid qui gèle les fragiles articulations des vaillants Gilets jaunes, ni aux gaz rejetés par les automobiles ou les poids-lourds qui asphyxient les manifestants-campeurs. Non, les sympathiques Gilets jaunes, mi-réfractaires, mi-révolutionnaires, rentrent chez eux, dans la liesse et la satisfaction du travail bien fait, car ils ont eu une victoire sociale de taille, encore inespérée il y a quelques heures. Du jamais-vu depuis 1936. « On est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions ! », hurle gaiement un Gilet jaune.


« Il y a plus de salariés que de patrons »

Selon un récent sondage, grâce ou à cause du RIC, selon que l’on soit salarié ou patron d’une grande entreprise, tous les salaires, en France métropolitaine et dans les DOM-TOM, devraient augmenter de 3.000 euros chacun. « 3.000 net. Expliques-le bien dans ton papelard de ton site lejournalnews du Minitel. Le gouvernement à Macron (Edouard Philippe, ndlr) a accepté le RIC, donc on propose ce qu’on veut, sinon on rebloque tout et là, les flics seront de notre côté. La petite prime que leur a gentiment accordé le gouvernement les rend encore plus nerveux, il ne faut pas l’oublier. Le RIC, c’est la démocratie et qui dit démocratie, dit vote. Donc, on vote ce qu’on veut et surtout ce qui nous arrange. Comme il y a plus de salariés que de patrons, nos exigences et nos propositions devraient normalement passer, comme passe une sonde dans un fion pendant une coloscopie. Si je peux juste ajouter une petite chose : dans votre cul les patrons !. Pour une fois la douleur rectale a changé de camp », analyse en profondeur un aimable Gilet jaune.

« La morale, la dignité humaine et la bienséance »

Bien qu’irrités et accablés, les chefs de grandes entreprises ne peuvent s’opposer à ce futur vote et encore moins aux résultats prévus. Résultats qui seront automatiquement validés par le respectable et affable Conseil constitutionnel français. « L’article 10825, alinéa 3615 de la Constitution française stipule que tout vote démocratique engendre exécution Sine somnum et sine conversus digitis. Ce n’est pas moi qui le dis et ce n’est pas le Conseil qui a instauré cela. Au sein du Conseil, nous n’écrivons pas les lois. Nous vérifions si la loi respecte la morale, la dignité humaine et la bienséance, rien de moins, rien de plus. L’article en question avait pris naissance lors de la Révolution française, lors du Serment du Jeu de paume, le 20 juin 1789, plus précisément. Regardez, je vous laisse lire l’article en question. Là, ici. Il est inscrit ‘Quis est equivalent ad arbitrium populi exsecutiva ordinis’. Il n’y a même pas besoin de traduire, c’est encore plus clair que le Code pénal ou les conditions générales de vente d’une assurance-vie », indique de manière professorale un valeureux membre du conseil, du haut de sa tribune et de ses 106 ans. Il ajoute, « Pardonnez mon insolence, mais vous devez partir. Nous avons encore reçu une loi sur une hausse de je ne sais quelle taxe, décidée par la majorité parlementaire. Ils sont insatiables ces petits garnements. Ils sont comme possédés par je ne sais quoi. Je ne sais pas ce qu’ils ont contre le peuple, mais ils pondent hausse sur hausse. Ils sont pires que les socialistes sous Hollande ».

« Payés au détriment de mes bénéfices »

« Putain de démocratie. Ça me donne presque envie de tout balancer, de faire un joli plan social, qui n’a rien de social, soit dit en passant. C’est ironique d’utiliser le mot social pour virer des gens. J’adore ! (rire mi-machiavélique, mi-sarcastique). Donc, je disais quoi ?. Ah oui, leurs conneries de RIC de mes deux me donnent envie de partir loin, très loin, dans un pays calme, socialement parlant, sans syndicats, ni droits des travailleurs de mes couilles. Mais je ne peux pas les virer mes enfoirés d’enflures de salariés, car ils font du très bon travail. Je les apprécie, malgré leur égoïsme à s’entêter à vouloir augmenter leurs salaires, ceci sans même me demander mon avis. Ils vantent le modèle suisse, en termes de référendums. Mais bon, je les garderai quand même dans la boîte. Il faut reconnaître que le savoir-faire des ouvriers français est quasi-parfait. J’emmerde ces connards de putains de travailleurs, même si je leur dois ma fortune à ces enflures. Je les déteste, mais en fait, pas eux personnellement. Nos salariés sont adorables. Il faut voir comme ils sont touchants, avec leurs visages en sueur et leurs yeux apeurés par le risque d’être sanctionnés, financièrement parlant dans leur prochaine fiche de paie, quand ils courent le matin pour être à l’usine à l’heure. En fait, je déteste plutôt leurs revendications à la noix. Est-ce que je chipote pour quelques milliers d’euros en plus dans mon compte bancaire, chaque mois ?. Non !. Pourquoi alors, eux, ils veulent des augmentations à tout-va ?. Ils sont payés au détriment de mes bénéfices et de mes résidences secondaires, et c’est comme ça qu’ils me remercient. Les ingrats !. Ils touchent le Smic et ils ne sont pas contents. Ils sont bien gentils et sympathiques les Gilets jaunes, mais ils vont financer les trucs qu’ils veulent avec quoi ?. S’ils sont si forts en math, ils ne toucheraient pas le Smic. C’est pas tout ça, mais je vais dire quoi à mes actionnaires quand ils toucheront 2% de moins dans leurs dividendes ? », demande le CEO d’une multinationale, dont le siège est, malheureusement pour son actionnariat, en France.

« Saloperie de RIC ! »

Les analystes économiques sont à la fois ébahis et désorientés. « Bordel, je venais de finir mes prévisions, pour l’an prochain, en termes de PIB, de déficit, de consommation et de milliers d’autres données économiques. Avec cette hausse de 3.000 euros pour chaque fiche de paie, chaque mois, je dois tout recommencer. C’est pas du jeu !. C’est dégueulasse et inhumain de tout me faire recommencer !. Je vais devoir refaire toutes les équations à 50 inconnus et recalculer des milliers d’équations de Schrödinger. Saloperie de RIC ! », se désole un chercheur.

 

 

 

Crédit-photo : geralt, pixabay, cc0.

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