Pénuries alimentaires Post-Brexit en Angleterre : les londoniens se rabattent sur la viande de renard, de goéland, d’écureuil et de blaireau pour pouvoir manger.

Malgré le report à 2022 des contrôles de marchandises aux postes de douanes, et malgré un allègement des règles d’hygiène sur les produits alimentaires importés, le Royaume-Uni fait face à une pénurie inédite depuis des siècles.

« L’épicentre mondial de la gastronomie »

« Même pendant la Seconde Guerre mondiale, même si la nourriture était rare, il y avait bien plus à manger que maintenant. Cette année, face au manque de produits au marché de gros, je suis contraint de faire des menus à base de racines. J’ai vu des reportages sur la Corée du Nord pour avoir des idées de plats que les gens mangent là-bas. Certes, en Corée du Nord, c’est pire qu’ici, mais on a faim quand même. Jamais de ma vie, je n’aurais pensé qu’on pouvait manquer de nourriture en Angleterre en général, et en pleine capitale en particulier. Londres est quand même un l’épicentre mondial de la gastronomie, en plus d’être une place internationale renommée de la finance », explique un restaurateur étoilé londonien.


« Nom d’une satanée combinaison kilt-caleçon… »

Avec la crise Covid chamboulant le commerce international et le retard pris en raison d’un manque de préparation Post-Brexit, l’Angleterre, ainsi que ses territoires inféodés à savoir le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, mais également sa verdoyante colonie, l’Écosse, subissent de plein fouet une crise hors norme. « Vivement notre indépendance. On ne voulait pas de ce Brexit, nom d’une satanée combinaison kilt-caleçon. Il avait raison William (Wallace, ndlr) quand il gueulait ‘Liberté !’, ce n’était pas du tout par caprice. Il nous avait prévenu, mais peu l’ont écouté », s’attriste un affable glaswégien, tout en dépeçant délicatement une marte des pins habilement capturée pendant l’interview.

« Faire le plein de protéines de viandes fraîches »

« Dans ma ville, un marché noir s’est installé, mais moi, je ne veux pas participer à ce trafic. Je préfère me rabattre sur d’autres alternatives », confie une résidente dans une grande ville anglaise. Ce système D est essentiellement basé sur la consommation de viande provenant d’animaux sauvages. Ainsi, les habitants du Royaume-Uni, essentiellement ceux des grandes villes dépourvues de terrains agricoles, sont quasi-obligés de consommer des viandes originaires de la faune sauvage. « Le pudding, c’est délicieux, mais à un moment : ça gave, démythifie un ado du chic quartier de Kensington à Londres. Heureusement qu’il y a Hyde Park. Il y a plein d’animaux sauvages, là-bas. Tu veux 2 ou 3 écureuils. Je t’en donne sans problème, j’en ai attrapé beaucoup. Je les attire avec des Quality Street ou de la Jelly, ces crétins. Ils sont tellement habitués aux humains qu’ils n’aiment plus les noisettes. Ça m’arrange, car on n’en trouve plus. Normal, nos supermarchés sont aussi vides que les salles de marché de la City de Londres. Dans le quartier londonien des Affaires, il n’y a pas un rat mort aux alentours. Enfin, si. Les gens les mangent pour faire le plein de protéines de viandes fraîches. »

« C’est logique surtout… »

Parmi les villes touchées par cette pénurie Post-Brexit, aussi inattendue et qu’imprévisible, les villes de Londres, Birmingham, Nottingham, Sheffield, Liverpool, Manchester, Leeds, Édimbourg et même Glasgow sont celles où les habitants se nourrissent d’animaux sauvages. « Mais si, c’était prévisible atteste Trevor, un anti-Brexit, mais les gens ont préféré écouter les mauvais conseils de Boris Johnson, Nigel Farrage, Joe Foster (co-fondateur de la marque de sport Reebok, ndlr) ou Roger Daltrey. Joe est plus fort en création de baskets qu’en politique. Idem pour Roger : il est meilleur chanteur qu’économiste. Par contre, je n’en veux pas aux personnes qui ont écouté la star de télé-réalité Aisleyne Horgan-Wallace. Quand tu vois la paire de nibards qu’elle a : t’es d’accord avec tout ce qu’elle te dit, c’est logique, surtout si tu es hétéro, bi ou lesbienne. »

« Marre de manger du Fish and Ships à tous les repas ! »

Les habitants prennent la chose avec patience, donc aussi avec philosophie. « J’ai ressorti mon lance-pierre du grenier. Je n’y avais pas touché depuis les grèves des ouvriers sous l’air Thatcher. A l’époque, quand on occupait les usines, on chassait les oiseaux pour pouvoir nous nourrir. Les policiers avaient de la compassion pour nous, mais madame Thatcher leur faisait trop peur. Ils ne pouvaient pas laisser nos familles nous apporter à manger », a indiqué un retraité habitant de Manchester.

« Nous, notre ville donne sur la mer, mais il y en a marre de manger du Fish and Ships à tous les repas ! On se rabat sur les renards. La viande de renard est assez dure, mais on s’y fait. Concernant le goût, c’est vraiment pas mal. On dirait du cochon de lait », dévoile un habitant de Swansea.

 

Crédit-photo : Max Pixel, cc0.

 

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