Suite aux violences successives, l’armée gérera le lycée professionnel Gallieni de Toulouse.

Le premier lycée a avoir été classé en Zone d’Éducation Dangereuse (ZED) refait parler de lui. La pétition ayant recueilli 10.000 signatures n’est pas restée lettre morte. Le Ministère des Armées a entendu l’appel des professeurs et des parents d’élèves et se chargera de la gestion du lycée professionnel Gallieni de Toulouse.

Le lycée Gallieni de Toulouse est une zone de non droit. Les vagues successives de changements de directeurs académiques des services de l’Education nationale (Dasen) et de directeurs d’établissement l’ont prouvé. Un changement par mois en moyenne durant les 5 dernières années.

Les voyous munis d’armes fabriquées dans les ateliers de leur lycée se sont accaparés le lycée Gallieni et ses alentours. Depuis que plusieurs d’entre eux ont acheté, légalement des véhicules munis de cartes grises à leur nom, les agents chargés des verbalisations ne pénètrent plus aux alentours du lycée. “Les agents ont peur de mettre des pv aux membres des gangs. Ils viennent rarement, mais juste pour apporter les croissants aux chefs de bandes du lycée”, précise un élève.

“Il faut passer à la caisse obligatoirement”

Même son de cloche du côté des professeurs, des élèves et des parents. Ils sont effrayés, du matin jusqu’au soir. Les délinquants de ce lycée toulousain, âgés de 12 à 56 ans, y font leur loi avec violences, attouchements, rackets, insultes et menaces. “Les voyous ont même mis un péage à l’entrée. Comme sur l’autoroute, si vous voulez enseigner ou suivre les cours, il faut passer à la caisse obligatoirement. Les tarifs sont de 5 euros pour les adultes et 2 euros pour les élèves. Les gangs sont organisés, ils donnent même un reçu et disent merci, mais ce n’est pas bien. C’est un lycée public après tout, pourquoi paierait-on pour rentrer ?”, s’interroge un parent d’élève, en donnant de la monnaie à ses 2 enfants.

“Les bandes ont toutes les clés de l’établissement”

Il faut dire que tout le monde a peur. Les membres des gangs des quartiers sud de Toulouse, dont le plus jeune est âgé de 8 ans, sèment la zizanie et la terreur. “Même les agents de l’inspection académique ont peur de venir. Il faut dire que les forces de l’ordre évitent le quartier depuis des lustres. Les CRS disent que les délinquants ne les effraient pas, mais ils font le détour à chaque fois, ils évitent de passer devant le lycée, depuis qu’un petit de 13 ans leur a envoyé une lettre officielle, avec en-tête et cachet de l’établissement. J’ai oublié de préciser que les bandes ont toutes les clés de l’établissement et que ce sont eux qui décident des notes des élèves aussi”, précise un enseignant.

“1er lycée en Europe à être classé en ZED (zone d’éducation dangereuse)”

Face à cette surprenante situation, le Ministère des Armées, via un décret datant de 1859, dans le règlement de l’enseignement professionnel, a décidé de gérer le lycée professionnel Gallienni de Toulouse. Ainsi, les cours seront dispensés par des officiers militaires. “On va les mettre au pas, à la dure. Même si certains gradés appréhendent. Ils ont pourtant combattu dans les pires champs de bataille : Afghanistan, Kosovo, Soudan, Irak et j’en passe. Il faut dire que c’est le 1er lycée en Europe à être classé en ZED (zone d’éducation dangereuse), mais avec le savoir-faire de l’armée, nous permettront aux élèves sérieux de suivre les cours normalement. Les professeurs pourront également enseigner sans surveiller leurs arrières à tout moment”, indique un général de l’armée française.

 

Crédit-photo : Benh LIEU SONG, cc by-sa 3.0.

Partager.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.