Culture – Confinement : les sites satiriques recevront une prime de 7.500 euros pour “la joie qu’ils apportent aux citoyens lors de cette terrible période d’épidémie”, selon le gouvernement.

Grands oubliés des deux confinements, les sites satiriques auront de quoi sécher leurs larmes avec le geste financier que leur offre gentiment le gouvernement. Lors des annonces du Premier ministre de ce jour, il a été confirmé que les sites humoristiques recevront une prime de 7.500 euros pour “la joie qu’ils apportent aux citoyens lors de cette terrible et triste épreuve d’épidémie de coronavirus”.

“Utiles à la nation en ces temps de larmes…”

“Tous nos hôpitaux sont pleins à craquer. Heureusement que les sites satiriques sont là pour faire oublier leur douleur aux malades, autres que ceux ayant la covid. Ça fait toujours du bien de rigoler, c’est connu. Le rire a un effet analgésique, cela a été prouvé scientifiquement. Entre les respirateurs complets jusqu’à la Saint-Glinglin et les dizaines de milliers d’opérations non-urgentes reportées aux calendes grecques : le coup de zygomatique des sites humoristiques nous aide grandement. Ils sont utiles à la nation en ces temps de larmes. Je ne parle même pas des rendez-vous carrément annulés chez les toubibs. Ce coronavirus fout les jetons à tout le monde”, confie-t-on au ministère des Solidarités et de la Santé.


“Total respect, Castex et Le Maire”

Les rédacteurs des sites satiriques se réjouissent de ce cadeau, inédit dans la longue histoire de la plaisanterie. “Au Moyen Âge, j’aurais fini écartelé ou en grillade sur le bûcher à côté du bouffon du roi qui aurait fait une blague de travers ou d’une sorcière qui se préparait sagement chez elle une tisane au tilleul. Là, mon art est reconnu, c’était pas trop tôt ! Ce n’est pas facile de dire des bêtises du soir au matin. Sentimentalement non plus, ce n’est pas drôle. Toutes mes copines se barrent, car je n’arrêtais pas de faire de les railler. A force, elles se sous-estiment. J’en ai envoyé des clientes aux psys. C’est tout à l’honneur de ce gouvernement que je vanne tous les jours dans mes articles. Ils sont beaux joueurs, personne ne peut le nier, total respect, Castex et Le Maire”, reconnaît un comique sur ordinateur en télétravail depuis le début de son activité.

“A chacun son métier”

“Il est très important de rappeler que la satire est à différencier des perverses, malhonnêtes et intéressées fake news diffusées par des personnalités politiques ou par certains médias partisans, pas tous, mais il y en a des tarés”, prévient le chef du département Ironie d’un célèbre site satirique. Il ajoute :”En parlant de taré. Quel enfoiré, ce Trump ! Il nous a concurrencés pendant quatre longues années. Ce clown était plus marrant que nous, des fois. C’est pas du jeu. Le pire, lui, il fait rigoler en étant sérieux et en pensant les conneries qu’il disait. A chacun son métier, j’ai envie de lui répondre, sacré nom d’une bannière publicitaire qui rapporte peau de balle.”

“École de journalisme qui coûte une blinde !”

Les titres de presse normaux sont solidaires de cette mesure de soutien. “Solidaires, solidaires, mais on n’a rien en commun avec les sites satiriques, tient à souligner un éminent journaliste papier. Ces petits cons écrivent des articles comme nous et ils ont les yeux tout rouges à cause des écrans des ordis, mais c’est tout. Nous n’avons rien en commun, je le répète, sacré nom d’un buzz de mes deux. Moi, j’ai fait une école de journalisme qui coûte une blinde ! Et des gens confondent leurs papelards de merde avec nos informations sérieuses. Bon, il est écrit dans leurs mentions légales qu’ils disent des âneries, certes. Mais je pose la question : qui lit ces put***s de mentions légales de mes burnes ?, personne !”

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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