Tenue républicaine exigée par le gouvernement : après les collégiennes et les lycéennes, au tour des femmes de la fonction publique de dire adieu aux décolletés, croc-tops et mini-jupes au travail.

Toutes les femmes travaillant dans le public devront se plier à de nouvelles règles vestimentaires, conformément aux “tenues républicaines” exigées par Jean-Michel Blanquer. Ainsi, un décret, publié hier vendredi, interdira à la gent féminine de porter “des tenues incorrectes”, selon un élu. Il ajoute : “Je suis contre cette loi, mais ça vient d’en-haut (ministère, ndlr).”

“C’est le dress code… j’y peux rien”

Ainsi, seront proscrits dans les établissements publics les mini-jupes, débardeurs, shorts, croc-tops, joggings et également décolletés. “Dans notre administration chargée des formations sportives, tout le monde vient en jogging. C’est presque une tradition. C’est le dress code, là où je bosse, j’y peux rien, moi”, explique une chargée de gestion administrative à l’Insep, le dynamique Institut national du sport, de l’expertise et de la performance.

Lejournalnews.com a recueilli plusieurs témoignages, positifs ou négatifs quant à cette nouvelle loi républicaine vestimentaire, de femmes travaillant dans la fonction publique.


“Mon supérieur hiérarchique m’a dit que les jupes ne doivent pas dépasser les genoux, c’est inadmissible. C’est l’inquisition ou quoi ?”, demande une fonctionnaire.

“Il n’est pas né celui qui va me contraindre à porter un soutien-gorge. Les mecs qui viennent sans slip ou en caleçon sous leur pantalon, personne ne leur dit rien, à ces connards”, fulmine une fonctionnaire.

“A croire que je viens habillée en catin”

“J’ai choisi de bosser dans le public pour ne pas avoir un crétin de patron qui me gueule dessus pour un oui ou pour un non. Je crois que je vais postuler dans des sociétés où l’État n’intervient pas. Tenue républicaine ? Et puis quoi encore ? A croire que je viens habillée en catin (pute, ndlr), avec bas résille, haut léopard, capotes dans mon sac et tout le toutim, avec tout le respect que j’ai pour les filles de joie. Elles, au moins, elles s’habillent comme elles veulent, les veinardes”, constate une directrice générale de collectivité.

“Faute de budget, on n’a pas la clim en été. Si je ne peux même plus venir en short long ou en petite jupe, je fais comment pour ne pas m’étouffer avec mon masque de protection ? Car au train où vont les choses, on sera bons pour avoir droit à plusieurs confinements dans les prochains mois, malheureusement. Il n’y a qu’à voir le nombre de connards qui ne mettent pas leurs masques dehors. Je ne parle même pas de ceux qui se rassemblent à 50 dans un 20 mètres carrés en soirée, étant donné que des ministres ont décidé de la fermeture des restaurants et bars”, prévient une agente de gestion financière et comptable.

“A peine je viens d’enlever mon voile et toute la panoplie au travail, et voilà qu’on me dit de me rhabiller. C’est à n’y rien comprendre. C’est le monde à l’envers”, se désole une gestionnaire RH.

“Si ceux qui ont voté cette loi pensent que je vais venir travailler en pull-over, ils se mettent le doigt dans l’œil bien profond”, avertit une professeure de danse contemporaine.

“Moi, je viendrai vêtue de mes habits en chanvre, comme avant. C’est bio. Plus républicain, y’a pas, étant donné que ça contribue à protéger l’environnement”, indique une chargée de mission au département du déclin industriel, organisme sous tutelle du ministère de l’écologie et de la protection de l’environnement.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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