Contrôle des chômeurs : comment éviter l’incarcération d’office après la 5ème offre d’emploi refusée ?.

En guise de cadeau, à la fois pour le Nouvel an, mais surtout pour la bonne année, le gouvernement a offert un joli présent à tous les chômeurs de France. En effet, L’Élysée et Matignon ont décidé de durcir les contrôles, afin de donner une impulsion disruptive à la motivation “défaillante” des demandeurs d’emploi. Le décret qui affole les files d’attente de Pôle Emploi a été publié le dimanche 30 décembre dernier au Journal officiel, alors même que les chômeurs essayaient impatiemment de deviner ce qu’ils allaient recevoir lors des vœux présidentiels.

Auparavant, le fait de rater des rendez-vous à Pôle Emploi ou de refuser une ou plusieurs offres entraînait une suspension des allocations chômage. Mais les choses changent pour les personnes en quête d’un emploi, stable ou mal payé. “Depuis que certains Gilets jaunes ont essayé d’aller chercher le Président à l’intérieur même de l’Elysée, tous les ministres et les élus LREM ont changé. Ils sont sur la défensive vis-à-vis des pauvres. Bien plus qu’au début du quinquennat. Pondre ce décret, un dimanche, juste après Noël en plus, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup”, explique Professeur-Chercheur en sciences du comportement.

“Une sorte de taylorisme adapté à la recherche d’emploi”

Le gouvernement veut “encourager” les chômeurs à chercher “plus consciencieusement” un travail en leur supprimant totalement, durant une période allant de 1 à 4 mois leur dû, juridiquement et moralement mérité, selon la Constitution. “Leur dû, leur dû, il ne faut pas exagérer. Et puis, ne mêlez pas la morale à la politique sociale, ce n’est pas bien, ce n’est pas fair-play. Il est vrai que notre démarche est compliquée à comprendre pour le commun des illettrés ou de ceux qui ne sont rien. Nous avons toujours eu un raisonnement trop intelligent pour ces illettrés qui ne sont pas capables de lire 3 mots d’affilée ou pour ceux qui ne sont rien, les chômeurs compris bien évidemment, c’est de notoriété publique. Ils n’avaient qu’à être hauts cadres. Un haut cadre dirigeant n’a même pas besoin de pointer à Pôle Emploi, c’est statistique. Une bonne fois pour toutes, je vais vous expliquer comment nous avons élaboré notre démarche un tout petit peu répressive, socialement parlant. Le fait, pour un chômeur ou pour une chômeuse, avec ou sans enfants, de ne plus avoir de rentrée d’argent entraînera d’office un envoi de CV et de lettres de motivation à la chaîne. C’est une sorte de taylorisme adapté à la recherche d’emploi. Quand tu sais que tu vas toucher 1.000 gigantesques euros en allocations chômage, tu ne vas pas penser à chercher du travail. Tu vas glander devant ta télé ou tu vas surfer sans objectifs constructifs sur internet. Mais quand tu sais que tu n’auras que tes yeux pour pleurer au début du mois prochain, cela te forceras à réfléchir davantage sur le fait de refuser ou non la première offre d’emploi proposée. Le Smic est quand même à 2.500 euros, c’est suffisant pour vivre dignement. Sinon, tu peux toujours créer ta start-up disruptive en mode Silicon Valley, comme à Hollywood avec les nanas en strings qui dansent langoureusement au bord de la piscine”, conseille un élu LREM, qui vit encore chez papa-maman, cadres supérieurs dynamiques CSP++++.

“Là-bas, je serai sûr d’avoir à manger”

Les demandeurs d’emploi sont abasourdis par la nouvelle mesure anti-fraude, élaborée avec un ‘maximum de logique économique et juste ce qu’il faut d’altruisme’, selon un membre du gouvernement qui n’a pas d’amis chômeurs. “Bordel de merde, je ne suis pas un fraudeur. J’ai jamais menti de ma vie et c’est pas à mon âge que je vais commencer. J’ai 50 balais et Pôle Emploi me propose toujours des postes de magasinier. J’invente rien, regarde l’annonce, c’est écrit ‘port de charges lourdes. Physique au top exigé’. Dis-moi gamin, tu le trouves au top mon physique ?. Moi, non, pas du tout même. Entre mon problème de dos et mon arthrose, tout part en vrille. Heureusement que ce qu’il y a en dessous de ma ceinture marche encore, si tu vois ce que je veux dire, même si on n’est pas intimes, toi et moi. J’ai besoin de travailler, mais porter des put***s de cartons qui pèsent une tonne, je ne pourrai pas le faire. Biologiquement et physiquement, c’est impossible pour mes vieux os. Ceux qui ont décidé cette loi à la noix de mes deux, ont-ils déjà porté des charges lourdes, toute une journée durant ?”, demande un senior prénommé Albert, qui a déjà préparé ses affaires pour sa future incarcération relative à sa future 5ème offre d’emploi refusée. Il ajoute, “la prison, je connais pas. J’ai un casier judiciaire vierge. Mais s’il faut aller au zonzon, je le ferai et la tête haute. Au moins, là-bas, je serai sûr d’avoir à manger, car avec les suppressions de l’assurance-chômage, les gens au chomdu auront encore plus le ventre vide, en plus de leur compte bancaire déjà vide le 10 de chaque mois, soit dit en passant”.

“Ils sont bons les repas du menu de la prison à côté de mon agence Pôle Emploi ?”, me questionne un demandeur d’emploi qui a déjà refusé 3 offres de travail gentiment proposées par son conseiller.

“Les prisons vont déborder”

“Wesh, c’est chaud gros. Moi, perso, je ne touche pas d’allocs chômage. J’en ai pas besoin, car je gagne l’équivalent d’un Smic en une soirée. La vente d’herbes médicinales, comme le haschich, notre produit d’appel, offre des marges confortables. C’est un secteur en pleine expansion les plantes naturelles. Mais franchement, au sujet de ce que va faire le gouvernement aux chômeurs, ça va être encore plus la pagaille dans les prisons françaises. Déjà que maintenant, les prisons sont pleines, mais avec l’incarcération des chômeurs qui refuseront des offres de travail, les prisons vont déborder”, prévient un entrepreneur qui a une start-up spécialisée en vente au détail de plantes naturelles relaxantes.

“5 offres d’emploi refusées, 5 mois de prison”

Une pétition a été lancée en ligne pour demander au gouvernement la grâce pour les futures personnes emprisonnées. En plus des chômeurs, honnêtes ou fraudeurs directement concernés, d’autres personnes ont signé la pétition, disponible sur internet. “Moi, j’ai signé. J’ai toujours défendu Macron, son gouvernement et ses parlementaires, par principes démocratique et constitutionnel, même si je suis de gauche, mais là. Après tout, ils ont été élus démocratiquement, mais là (long silence). Mais là, ça m’arrange pas que ma femme aille en prison. J’ai besoin d’elle car je l’aime, car elle est la mère de mes enfants et aussi et surtout, parce-que que je ne veux pas avoir à m’astiquer le concombre, tout seul chez moi, durant ses 5 mois de taule. Et puis, faire l’amour dans une prison durant les visites conjugales, je ne crois pas que je vais avoir une érection, même bénigne. 5 offres d’emploi refusées, 5 mois de prison, c’est un peu dur quand même je trouve”, constate le mari smicard d’une future pensionnaire de Fleury-Mérogis ou de la Santé, tout en ajoutant, “Appeler une prison ‘La Santé’, c’est de l’ironie ou ceux qui lui avaient donné ce nom étaient sincères ?”.

“Quelle idée géniale”

Mais certains applaudissent de leurs deux mains libérales la sévérité et la justice sociale dont fait preuve le gouvernement français. “Pour une fois, vous avez fait plus cruel que nous. En France, malgré les soins gratuits, la scolarité offerte et vos bons petits repas dans les Resto U, vous n’avez pas tant que ça la notion de fraternité, comme la rumeur le dit aux USA. Ça me donne presque envie de venir vivre chez vous, les mangeurs de grenouilles (rire). Quelle idée géniale que de supprimer les allocations chômage à ceux qui n’acceptent pas tous les petits boulots, aussi éreintants que mal payés. Je l’ai toujours dit, les allocations et toutes autres aides qui coûtent un amas de dollars de dingue, ça ne sert pas les personnes en difficultés. Notre recette à nous, les libéraux US purs et durs, c’est de combattre la misère sociale par la misère sociale. C’est scientifique. C’est comme combattre le feu par le feu, kif-kif mustang (kif-kif bourricot, ndlr)”, explique un sénateur américain, qui avait voté une loi pour expulser illico presto des urgences des hôpitaux les personnes qui n’ont pas d’assurance-maladie.

“Ces oisifs insouciants et indolents”

“Ce n’est pas tant le fait d’avoir de la main d’œuvre bon marché qui me réjouit, mais cette suppression nécessaire des grasses allocations chômage pour les fainéants qui refusent un travail, c’est une question de civilité et de bonnes manières, voire d’étiquette en termes de savoir-vivre. Certes, ces oisifs insouciants et indolents ont cotisé quand ils travaillaient, mais être payé pour envoyer des lettres ou des e-mails pour trouver un travail, c’est quasi-immoral. De mon temps, les ouvriers qui voulaient un travail faisaient la queue devant mon usine, familiale soit dit en passant. Maintenant, rien, personne, pas un seul chômeur, pas un seul tire-au-flanc qui attend devant notre usine pour quémander un job”, constate le propriétaire-héritier, âgé de 23 ans, d’une fabrique centenaire.

“Ils s’arrêteront jamais”

Ainsi, au bout de la 5ème offre de travail refusée par les chômeurs, ceux-ci se verront invités à un entretien dans l’un des établissements pénitentiaires du pays. Chaque entretien débouchera systématiquement sur une incarcération d’office dans l’une des peuplées prisons de France ou de Navarre. “Je ne sais pas comment ils font d’habitude en Navarre. J’y ai jamais mis les pieds. Je n’ai pas assez d’argent pour m’offrir des vacances, même dans les pays voisins comme cette Navarre dont vous parlez. Mais le fait de supprimer les allocs en France, c’est incroyable, tragiquement parlant. Je me dis que c’est un cauchemar et que je vais me réveiller. Mais chaque matin, je constate que le Macron nous pond une loi qui touche au déjà ardu quotidien des citoyens, qu’ils soient retraités, travailleurs pauvres, fortunés de la classe moyenne qui en ont marre de payer pour tout le monde, ou de s’attaquer au rude quotidien de chômeurs, comme moi. Coluche avait demandé ‘Jusqu’où s’arrêteront-ils ?’, moi, je pense avoir une idée. Au train où vont les choses, ils s’arrêteront jamais, enfoirés de libéraux”, présage un demandeur d’emploi qui stresse à l’idée d’aller à son prochain rendez-vous à Pôle Emploi. Il ajoute, “moi, quand je stresse, j’ai la chiasse. Je ne fais pas exprès, c’est biologique. Je suis un sensible, un émotif, un romantique quoi, à ma manière. Écrivez-bien dans votre article de votre site lejournalnews.com, qu’ils devraient préparer la serpillière et la Javel à l’ANPE (Pôle Emploi, ndlr), où j’ai mon entretien la semaine prochaine, car je vais en mettre partout sur le lino du bureau de mon conseiller et même dans les allées proprettes de leur agence. Je ne le fais pas exprès, ça sort tout seul quand j’ai peur. C’est pas de ma faute, c’est la faute du gouvernement si j’ai la chiasse, indirectement et même directement”.

“Techniquement, c’est irréalisable”

L’administration carcérale du pays se prépare déjà à recevoir ces pensionnaires d’un nouveau genre. “On se prépare à rien du tout. Où va-t-on les mettre ?. Les cellules sont pleines, les allées aussi, et même les sous-sols sont remplis à ras bord. En été, les détenus dorment sur les toits, car je précise qu’on n’a pas le budget pour mettre un système de ventilation dans les cellules. Je ne parle pas des cellules VIP. Elles ont toutes la climatisation. Je ne sais par quel miracle, d’ailleurs, mais c’est un autre sujet. Donc, la grande majorité des personnes emprisonnées méritent d’aller en taule, mais quand même. Comme toujours, chaque gouvernement décide de mettre davantage de gens en prison, mais on ne nous demande jamais à nous, qui les côtoyons tous les jours, notre avis technique. Car techniquement, c’est irréalisable leur machin de mettre en prison les chômeurs qui refuseront la 5ème proposition de travail. Il y a quand même près de 3 millions de chômeurs en France. Je ne parle que des chômeurs en catégorie A, ceux qui ressentent vraiment le fait de ne rien foutre du tout de leurs interminables journées. Les autres catégories, c’est tellement compliqué leur truc, j’y pige rien. Si on compte les autres catégories, à savoir les gens qui sont presque au chômage ou qui le sont, mais sans en avoir conscience réellement, on frôle les 5 ou 6 millions fastoche, au bas mot, minimum. D’ailleurs, les détenus s’insultent régulièrement en se traitant de catégorie D. Au début, je ne comprenais pas. Mais c’est quand j’ai demandé à un gars qui étranglait celui qui l’avait traité de catégorie D, que j’ai eu le fin mot de l’histoire. Les catégories D sont les gens au chômage, mais qui n’en foutent pas une. Surement des chômeurs à la fois trop glandeurs pour se bouger le cul à essayer de trouver un job et trop cons, peut-être, pour comprendre ce qu’est un CV. C’est mon avis, je ne juge pas. Les catégories D n’ont même pas à envoyer de CV, ni à se casser la tête à envoyer une lettre de motivation personnalisée qui finira dans le broyeur à papier. Donc, c’est bien beau leurs contrôles, mais où je vais les mettre mes 3 millions de chômeurs ?. Je n’ai pas assez de place dans mon établissement”, analyse le directeur d’une prestigieuse prison française, qui a accueilli de grands noms de la politique.

“A sec le mois suivant”

Face à l’anxiété qui règne dans la communauté des chômeurs, un avocat spécialisé en causes perdues a accepté de donner aux chômeurs, stressés par le fait de se retrouver à l’ombre durant plusieurs mois, quelques astuces juridiques pour éviter la prison d’office. “Il faut savoir qu’échapper aux griffes acérées des agents de Pôle Emploi tient presque de l’impossible, voire du miracle. Je sais de quoi je cause mon bonhomme, j’ai 30 ans de blouse noire sur les épaules. Ils sont presque aussi puissants que les téléconseillers qu’il y a au bout du fil quand tu as un problème avec ton forfait de téléphone portable ou ta ligne internet. Les agents de Pôle Emploi sont bien plus dominants que les chargés de comptes dans les banques. Quand tu sais que la personne en face de toi peut te mettre à sec le mois suivant, tu regardes par terre en t’excusant pour la gêne occasionnée, même si t’as dérangé personne de toute ta vie. Les gens ne bronchent pas devant les conseillers Pôle Emploi. T’as plus de chance d’échapper à une incarcération si tu te sers directement dans les caisses de marchés publics, c’est dire l’ampleur de la tâche pour un vulnérable chômeur, sans un rond en poche, de surcroît. Mais il y a des solutions. Il y a des débrouillards qui s’amputent d’un bras ou d’une jambe. C’est assez malin, il faut le reconnaître. L’artisanal, mêlé à un subtil zeste de système D, trouve toujours un moyen d’échapper aux problèmes. Mais il y a d’autres techniques. Il ne faut pas systématiquement en arriver là, même si c’est la seule issue pour l’instant pour pouvoir continuer à échapper à des embauches non adaptées, en temps normal, aux chômeurs qui n’ont ni les abdos de Ronaldo ni la force de Hulk, même si ces chômeurs sont dotés de tous leurs membres anatomiques. Je suis en train d’éplucher le règlement de Pole Emploi, avec une centaine de collègues juristes. Bon, nous sommes pris de cours, mais nous cherchons. Nous trouverons une solution qui puisse arranger tout le monde, enfin, je l’espère. Il y a quand même 23.686 pages à lire dans les conditions générales d’utilisation de Pôle Emploi. C’est pour ça que je dis toujours à mes clients, qui viennent en chialant toutes les larmes de leurs corps, de toujours lire attentivement avant de signer. Je sais, les chômeurs n’ont pas d’autres choix que d’adhérer à Pôle Emploi pour pouvoir toucher leurs allocations chômage, mais ce n’est pas une raison”, stipule un éminent avocat commis d’office pour un regroupement de chômeurs qui ne veulent pas avoir à s’auto-amputer artisanalement.

 

 

 

 

Crédit-photo : KlausHausmann, pixabay, cc0.

 

 

 

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1 Comment

  1. Si Pôle Emploi était totalement réformé ça ferait des économies. Les résultats de cet organisme trop coûteux, sont insatisfaisants pour beaucoup de demandeurs d’emploi. Le gouvernement devrait le réformer complètement en laissant le libre arbitre aux demandeurs d’emploi de solliciter P.E. en cas de besoin pour des entretiens privés ou collectifs, des ateliers divers, des stages ou formations, d’accepter ou refuser des offres d’emploi, des bilans… plutôt que ce soit à P.E. de décider, d’obliger les demandeurs d’emploi à réaliser ces actions, plutôt inutiles jusqu’à présent pour beaucoup de demandeurs d’emploi. Dans la loi, les radiations ne devraient plus exister et laisser le choix aux demandeurs d’emploi de s’inscrire ou se désinscrire, dans le seul but d’être aidé par des agents volontaires d’aide à la recherche d’emploi, non pas des contrôleurs radieurs ! Jusqu’à présent on ressent que pour P.E la radiation est une raison plutôt économique et que son but n’est pas toujours d’aider les gens à trouver du boulot mais plutôt de peut-être les forcer, soumettre et humilier ! On dirait une sorte de répression ! La loi devrait aussi permettre de toucher les allocations “chômage” en fin de mission et sans autre condition. LA LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS POUR BIEN VIVRE ET ETRE PRODUCTIF/VE ! GILETS JAUNES MANIFESTEZ POUR L’EXISTENCE D’UNE TELLE LOI !

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