Baccalauréat nouvelle version : en plus du contrôle continu, les candidats pourront se regrouper à plusieurs durant les épreuves finales.

Afin d’assurer l’obtention du baccalauréat au plus grand nombre, « signe d’égalité » selon un élu de l’opposition, le gouvernement a décidé de faciliter le déroulement des épreuves, aussi bien écrites qu’orales.

« Un 20/20 au lieu d’un 0 ou d’un 2 »

Ainsi, les lycéens pourront se réunir par groupes durant les épreuves finales du bac général et du bac technologique. « Les groupes ne devront pas dépasser 6 élèves. Il y a des limites quand même. Et puis les mauvaises langues diront qu’on distribue le diplôme comme on distribue des masques FFP2 aux enseignants. Alors que non. Le baccalauréat a encore de la valeur », a expliqué un ministre.


Ce point de réforme s’ajoute donc à l’équitable contrôle continu, comptant pour 40% dans la note finale de l’examen national. « Équitable, équitable, c’est vite dit !, a tenu à ajouter un lycéen qui a triplé sa terminale. Moi, j’ai la malchance d’être dans un lycée des beaux quartiers de ma ville. Ça note sec, chez nous. Contrairement à ceux de certains lycées, nos profs ne viennent pas avec la boule au ventre chaque jour. Il faut dire que nous sommes très polis avec eux, en mode normal. Aucun grand frère, cousin, papa, maman ou grand-mère n’est venu les menacer verbalement pour mettre un 20/20 au lieu d’un 0 ou d’un 2 ».

« Ai-je le choix ? »

« J’aimerais bien vous y voir à ma place. Quand tu trouves ta bagnole brûlée 3 fois de suite, car tu as mis une note en dessous de la moyenne, note méritée soit dit en passant. Forcément, tu noteras plus large, après le énième incendie. Même mon assurance auto m’a dit d’arrêter mes conneries et de mettre un 18/20 de manière systématique à tous les élèves. En plus, je sais que c’est injuste pour mes bons élèves, ceux qui ne me lancent pas un mollard en guise de bonjour, mais que voulez-vous que je fasse ? Ai-je le choix ? », a demandé, tout en prenant une bouchée d’antidépresseurs, un prof de maths travaillant dans un lycée situé dans une ZUR, Zone Urbaine Redoutable.

« 100% de lycéens bacheliers »

Contrôle continu, épreuves passées par groupes, autorisation d’apporter son ordinateur ou son smartphone en salle d’examen, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation tire la sonnette d’alarme selon les uns, une bouteille à la mer selon d’autres moins optimistes. « A un moment, ça va les conneries, philosophe une enseignante universitaire. Avec leurs farces de réformes, je suis contrainte de reprendre le programme de français du primaire. Mais attention, pas le programme de maintenant. Non. Celui des années 70-80. Quand il y avait encore le vrai enseignement. De Vallaud-Belkacem à Blanquer, c’est un véritable saccage. Demandez à mes collègues qui enseignent dans les collèges et les lycées, ils vous diront la même chose que moi. »

« A ce rythme, on va acheter une machine offset au lieu de nos imprimantes. Déjà qu’à 99% de réussite au bac, c’est infernal pour nous. Déjà qu’on sature. Mais là, quand on va arriver à 100% de lycéens bacheliers, cela sera presque impossible à suivre. On a trop d’inscrits », a prévenu une préparatrice de travaux pratiques d’une université.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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