Bla Bla Caisses : « Ils sont tarés, les hypermarchés qui appliquent ces caisses lentes. Cela ne sera jamais rentable », explique un actionnaire d’Orpéa.

Alors que le système de caisses dites lentes commencent peu à peu à s’installer dans les supermarchés et les hypermarchés à travers le pays, un actionnaire du désormais célèbre groupe s’occupant de la santé des personnes âgées a tenu à donner son analyse.

« Apporter de la joie »

Les Bla Bla Caisses ou caisses lentes se veulent humaines. Les caissières et les caissiers y prennent le temps de discuter avec la clientèle, généralement âgée, sans risquer la mise à pied ou la retenue sur salaire. « Les premières fois, je me suis urinée dessus quand je regardais l’heure en papotant. Tout est chronométré chez nous, même quand tu as une envie pressante. Tu te fais virer pour moins que ça quand tu taffes dans la grande distribution. Les cadences à la caisse quand on scanne les produits : c’est comme le rythme de travail dans le film de Charlie Chaplin (Les Temps modernes, ndlr) mais en 3 fois plus rapide, et toute la journée, a fait savoir une sympathique et frêle caissière, tout en regardant anxieusement sa montre. Ils n’aiment pas les retards, les chefs. Je n’ai pas envie de perdre une journée de travail pour 5 secondes de retard lors de ma pause-café. Je dois filer. J’ai des cartons de 60 kilos à porter. Heureusement qu’il y a les Bla Bla Caisses, ça va me permettre de reposer un tout petit peu mon dos, en plus de leur apporter de la joie, à nos clientes et clients. »


« Aussi bavarde qu’une instagrameuse ou

une youtubeuse dans une vidéo sponsorisée… »

Même enthousiasme de la part des consommateurs qui attendent parfois des heures devant les caisses où il est permis de dialoguer avec les salariés. « Mes enfants m’aiment, mais ça leur est difficile de trouver le temps pour venir me voir. Ils me parlent par téléphone, c’est déjà ça, mais ce n’est pas la même chose. Ils bossent comme des forçats, le nez collé devant leurs ordinateurs nuit et jour. Je ne peux pas leur en vouloir à mes gros bébés. Ils sont dans la finance. Ce n’est pas un domaine facile. Ces caisses où on peut discuter sans se faire gronder par les clients derrière moi, c’est une réelle bénédiction », confie une affable retraitée. « C’est bien beau, mais le résultat de cette bénédiction : c’est moi qui me coltine la vieille, ajoute un caissier. Le pire : ses gosses, quand ils viennent la voir une fois dans l’année, ne m’ont pas dit merci une seule fois. Pas une seule fois, rien, même pas un sourire. Les ingrats ! C’est quand même moi qui me tape la causette au sujet de ses problèmes de santé, à leur maman. Gentille maman, certes, mais bavarde aussi, très bavarde. Aussi bavarde qu’une instagrameuse ou une youtubeuse dans une vidéo sponsorisée. Je compatis à ses problèmes de santé, mais moi aussi, j’en ai des emmerdes. Aux prochaines vacances d’hiver quand ses crétins de mioches viendront la voir, s’ils ne me remercient pas pour le temps que j’accorde à leur maman : je les balance aux flics, les gros bébés à la vioque qui bossent dans la finance ! C’est qu’elle m’en a raconté des vertes et des pas mûres au sujet de leur travail. C’est pas bon d’avoir des comptes dans les paradis fiscaux de nos jours. Je connais tout de leurs secrets à ces petits cons. »

« Foi de financier ! »

Entre deux interviews au sujet de l’affaire dite « des défaillances dans le traitement de clients âgés qui paient pourtant une blinde pour leur Ehpad Orpéa » suite aux révélations du livre « Les Fossoyeurs », un actionnaire du rentable groupe a tenu à donner son avis sur ces Bla Bla Caisses : « Le temps, c’est de l’argent. Les sociétés de la grande distribution devraient le savoir, sacré nom d’un quota journalier de 2 couches hygiéniques. Ils sont tarés, les hypermarchés qui appliquent ces caisses lentes. Cela ne sera jamais rentable. Foi de financier ! »

« Quand tu vois l’Ehpad où j’ai investi, ils ne font que 80% de marge. Je leur ai dit de réduire la quantité de bouffe, mais on m’a répondu que les clients (résidents, ndlr) devaient avoir un apport minimal de calories ingérées pour ne pas clamser. C’est logique. Il faut bien que les clients (résidents, ndlr) vivent pour pouvoir signer le chèque de 6.000 euros pour l’hébergement chaque mois », a expliqué l’actionnaire d’un autre groupe privé d’Ehpad.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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