Corona pistes : les voies réservées aux trottinettes fleurissent à travers les grandes villes de France.

Face à l’essor de la pratique du vélo et de la trottinette, les villes s’adaptent en termes d’urbanisme. Pour raison de conscience écologique ou bien économique, les citoyens sont de plus en plus nombreux à délaisser voitures et autres transports en commun.

Avec près de 50% de voies cyclables en moyenne dans les villes françaises, les discrets propriétaires de trottinettes se sont sentis délaissés, voire oubliés. Ils n’arriveront pas à avoir les mêmes privilèges que les chouchoutés vélos, au puissant pouvoir électoral, mais ils espéraient un “geste de soutien” de la part des mairies. “Certaines villes vertes, accaparées par les écolos, ont 80% de rues cyclables. Des rues entières uniquement dédiées aux vélos, carrément. Résultat, il reste 20% de voies pour les bagnoles. Normal que les automobilistes l’aient mauvaise, qu’ils râlent dans leurs véhicules et qu’ils chialent quand ils sont interviewés dans les JT à la télé. Nous, on n’est pas concernés, mais j’ai bien peur qu’on y aient droit un jour, nous aussi”, présage un piéton, qui a cédé son auto contre un pass transport depuis l’élection d’un maire vert.

“Les caresser dans le sens du poil”

Pour satisfaire tous les conducteurs d’engins sans moteur à combustion, de nouveaux arrêtés municipaux permettront l’apparition de voies réservées aux férus de vélos sans chaînes. Ainsi, en plus des voies cyclables, qui font partie intégrante du paysage urbain, des pistes pour trottinettes fleuriront dans les villes de France. “Les maires des villes ont raison de les caresser dans le sens du poil, les proprios de trottinettes. Perso, c’est ce que je fais. Quand tu te fais fracasser ton pare-brise 3 ou 4 fois par un conducteur de connerie de trottinettes, pour un angle-mort de rien du tout ou parce que tu as volontairement et innocemment empiété de 50 petits centimètres sur une piste cyclable : tu ne les regardes plus de la même manière. Une saloperie de trottinette, c’est plus petit qu’un put*** de vélo, mais c’est pliable. C’est comme une batte de base-ball, mais en plus destructeur sur les vitres ou la carrosserie des bagnoles. Il ne faut jamais fâcher les trottinettes, jamais, jamais, jamais”, prévient un automobiliste.

“Une certaine solidarité entre cyclistes et piétons”

Les utilisateurs de trottinettes sont aux anges. Ils accueillent ces nouvelles pistes avec enthousiasme, et même euphorie. “On ne se fera plus engueuler par les enflures de cyclistes. Ils ne nous feront plus tomber non plus en nous poussant sur les trottoirs. En général, les piétons nous rajoutent 2 ou 3 coups de pieds. Il y a une certaine solidarité entre cyclistes et piétons, c’est pas une légende urbaine. Il faut dire que j’en peux plus d’aller au boulot avec des bleus et des cicatrices. Même quand t’es habillé, c’est rugueux le bitume. J’espère juste que ces enflures de trottinettes électriques ou d’hoverboard à la con ne nous feront pas chier. C’est que ça va très vite, ces engins. Des fois, c’est plus rapide qu’une mobylette ou un scooter 125 cm3. Pourtant, c’est autorisé. Va comprendre”, demande le propriétaire de trottinette traditionnelle, fonctionnant à l’énergie humaine.


“Je suis rentré chez moi en slip”

Les architectes et les urbanistes en charge des plans de déplacement urbain sont au bord de la dépression. Ils devront revoir tous leurs plans, déjà complexes, des artères de leurs villes, une par une, pour y incorporer les nouvelles pistes pour trottinettes. “Nous serons obligés de rogner sur les espaces appartenant aux voitures, encore une fois. Pas le choix. Déjà que tous les membres de ma famille et tous mes amis qui ont une bagnole ne m’invitent plus à Noël, aux apéros ou aux anniversaires. Là, ça va être pire. Même aux enterrements, je ne suis plus convié, ce n’est pas très juste. Je fais juste mon boulot. Même ma femme m’a menacé de divorcer, c’est dire à quel point le sujet des pistes est sensible. Je vérifie ma bagnole, le matin, avant de monter dedans. Je suis obligé d’aller au boulot en voiture. A chaque fois que je prends le RER, je suis bon pour acheter un nouvel ordinateur et un nouveau smartphone. La dernière fois, je suis rentré chez moi en slip. Des fois, je me dis que j’aurais dû faire paysagiste au lieu d’urbaniste. Quand t’es architecte pour jardins, t’as moins d’emmerdes. Pareil pour les architectes du privé, ces frimeurs pleins aux as”, confie un urbaniste, les yeux embués.

“Fumer de la ganja ou conduire, il faut choisir”

En termes de pistes cyclables, la France compte près de 63.000 kilomètres de voies consacrées aux propriétaires de vélos. Notre pays arrive loin derrière les Pays-Bas. “Nous avons été contraints de construire des voies pour les vélos. Les malus des conducteurs atteignaient des sommes folles. Vous, en France, vous avez le slogan ‘Boire ou conduire, il faut choisir’. Nous, en Hollande, l’autre pays de la weed, c’est ‘Fumer de la ganja ou conduire, il faut choisir'”, prévient un fonctionnaire du ministère hollandais de l’Agriculture et des drogues douces.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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